Il a posé ses mains sur le piano. Mais il n'a pas joué. Ses longs doigts fins sur les touches, il pensait. Elle le regarda, l'espace d'un instant.
Elle se demandait « Est-ce qu'il sait ? Est-ce qu'il a comprit ? »
Lui, il souriait, il lui souriait d'un sourire insouciant.
« Tu ne joues pas ? » Elle lui a demandé.
« Non, je te regarde. ».
« Pourquoi tu me regardes comme ça ? Est-ce que j'ai quelque chose sur la figure ? ». Il a souri encore. « Non, je te trouve belle, c'est tout. ».
Ensuite il s'est levé, et il a prit son manteau. Il a passé sa main dans ses cheveux, un sourire en coin, et il lui a donné un baiser sur le front.
« Dis, tu te moques de moi ? Où tu t'en vas encore ? »
Il n'a rien répondu d'autre. Il a juste esquissé un « Ne t'inquiètes pas. ». Il est parti dans la nuit d'encre, comme tous les soirs. Elle alla à la fenêtre de la cuisine, le regarda s'éloigner dans la rue, en fumant une cigarette. Elle pensa « Pourvu qu'il se retourne et regarde vers la fenêtre, pourvu qu'il essaie de me voir. » Mais il ne se retourna pas. Le brouillard l'engloutit peu à peu. Sa gorge se serra, des larmes de colère qui humidifiaient ses yeux. « Idiot, Idiot, Idiot. Il ne voit pas. Il ne voit donc pas. Je le déteste, je le déteste ! »
Elle jeta un dernier regard perdu dans la ville, cherchant un peu de lui sur l'ombre du trottoir...
« Je l'aime, Je l'aime... ».
Marie. M (On-Your-Skin)
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